CHRIST EST RESSUSCITE, C’EST LE TEMPS DE L ‘ESPERANCE

L’Espérance n’est pas un vœu pieux, c’est une affirmation que chaque chrétien doit porter dans son cœur. Pâques est un tournant dans l’histoire du peuple de Dieu. Pâques signifie le passage de la mort à la vie. Le Christ Jésus est venu nous sauver du péché, nous libérer de nos esclavages pour nous faire vivre en enfant de Dieu, ce qui est notre vocation.

Dans une époque difficile à vivre les signes d’espérance sont nombreux. Je vais vous en proposer quelques-uns. Le premier d’entre eux est la visite du Pape en Irak, terre d’histoire biblique connue à l’époque comme la Mésopotamie, la Chaldée, terre d’origine d’Abraham. Bravant les inquiétudes au Vatican et de beaucoup d’observateurs le Pape François a posé des actes qui marqueront l’Histoire. En particulier sa rencontre avec l’ayatollah Ali Al Sistani dont il a loué la grandeur et la sagesse : « un grand, un sage, un homme de Dieu ». Cette figure du chiisme dont il parle en ses termes : « Il a été si respectueux pendant notre rencontre que je me suis senti honoré…..cela m’a fait du bien à l’âme ». Ce voyage tant attendu, le Pape a estimé, avec des mots forts, qu’il l’avait fait revivre après ces mois de prison qualifiant ainsi la période où il n’avait pu sortir du Vatican. Le Pape François a enfin retrouvé dimanche 7 mars les fidèles chrétiens. D’abord à Karakoch dans une ambiance joyeuse, puis à Erbil, pour une messe en plein air. Là, dans un stade de la ville, il a présidé la messe entouré de plus de 10 000 fidèles. La foule la plus nombreuse donc, pour le dernier événement public de ce voyage apostolique. Dans ce pays dévasté, déchiré, où de nombreux chrétiens ont dû fuir, abandonnés par les pays occidentaux ce voyage est très fort dans sa symbolique car c’est un message de dialogue et de paix même si tout reste à réaliser.

Le deuxième d’entre eux est l’engagement de croyants auprès des personnes en difficulté aussi bien sur le plan social, économique et psychologique. Sans citer de nom je reste en admiration sur les actes que certains posent. Ils sont le signe de l’œuvre de l’Esprit Saint dans leur cœur, avec l’espoir qu’ils touchent des personnes qui se disent non croyantes. Nous pouvons aussi reconnaître le travail de l’Esprit dans les personnes qui ne partagent pas nos convictions mais qui par leur vie sont aussi des témoins. Il ne s’agit pas d’en faire des croyants s’ils ne l’expriment pas eux-mêmes mais de ne pas nous enfermer sur nous-mêmes ; l’Esprit Saint nous devance dans la Galilée des nations.

Le troisième d’entre eux nous le trouvons dans l’encyclique sur la fraternité et l’amitié sociale : « Fratelli tutti ». Au N°121 le Pape écrit : « personne ne peut donc être exclu, peu importe où il est né, et encore moins en raison des privilèges dont jouissent les autres parce qu’ils sont nés quelque part où existent plus de possibilités. Les limites et les frontières des Etats ne peuvent pas s’opposer à ce que cela s’accomplisse. Tout comme il est inacceptable qu’une personne ait moins de droit par ce qu’elle est une femme, il est de même inacceptable que le lieu de naissance ou de résidence implique à lui seul qu’on ait moins de possibilités d’une vie digne et de développement.

Le quatrième signe est la démarche missionnaire synodale voulue par notre évêque est aussi signe d’espérance car elle nous invite non pas à regarder le passé mais à regarder et contempler tout ce qui se vit dans l’Eglise et qui est signe du Royaume de Dieu. J’ai conscience que pour les membres de notre paroisse cette démarche est très loin de leurs préoccupations. Avec l’équipe d’animation pastorale nous allons essayer de nous en imprégner afin de pouvoir la vivre en paroisse.

Le cinquième signe d’espérance est l’interaction de l’action catéchétique dans le primaire et dans l’aumônerie de collège avec le soutien de parents envers leurs enfants même si nous sommes dans le tout petit nombre. De ce qui est petit Dieu peut faire jaillir des fruits.

Bonne fête de Pâques à tous.

Abbé René Mathieu