A l’écoute du Pape François

ON PEUT DEVENIR SAINT EN FAISANT DE LA POLITIQUE

Parfois, on entend dire : « Nous devons fonder un parti catholique ». Ce n’est pas la voie. L’Église est la communauté des chrétiens qui adore le Père, qui va sur la route du Fils et reçoit le don de l’Esprit Saint. Elle n’est pas un parti politique. Un parti rassemblant uniquement des catholiques est inutile et n’aura pas la capacité de s’impliquer, parce qu’il fera ce à quoi il n’est pas appelé. « Mais alors un catholique peut-il faire de la politique ? [Non seulement il peut, mais] il doit ! Un catholique peut-il se mêler de politique ? Il le doit !

Le Bienheureux Paul VI, si je ne me trompe pas, a dit que la politique était une des formes les plus hautes de la charité, parce qu’elle recherche le bien commun. Mais Père [me direz-vous], faire la politique, ce n’est pas facile, parce que dans ce monde corrompu, à la fin, tu ne peux plus avancer… »  Que veux-tu dire par là ? Que faire de la politique relève un peu du martyre ? Oui… c’est une forme de martyre, un martyre quotidien : rechercher le bien commun sans se laisser corrompre. C’est difficile dans le monde de faire le bien au milieu de la société sans se salir un peu les mains ou le cœur. Mais il faut demander pardon pour cela, demander pardon et continuer [à faire le bien]. Et ne pas se décourager.

« Non, Père, je ne veux pas faire de politique parce que je ne veux pas pécher. »  – Alors tu ne fais pas bien ! Va de l’avant et demande au Seigneur de t’aider à ne pas pécher et si tu te salis les mains, demande pardon et avance ! Mais faire, faire… Quelle  est la solution que ce monde globalisé nous offre aujourd’hui pour la politique ? C’est simple : au centre, l’argent. Non pas l’homme et la femme, non L’argent. Le dieu argent au centre. Tout le monde au service du dieu argent. Et tout ce qui ne sert pas au dieu argent est jeté.

Ce que nous offre, aujourd’hui, le monde globalisé, c’est la culture du rebut : ce qui ne sert pas, on le jette. On rejette les enfants, parce qu’on ne fait pas d’enfants ou parce qu’on tue les enfants avant leur naissance. On rejette les personnes âgées parce qu’elles ne servent pas… on rejette… Mais c’est le chemin de la destruction. ! Et moi, catholique, je regarde de mon balcon ?

On ne peut pas regarder du balcon ! Implique –toi ! Donne le meilleur de toi ! Si le Seigneur t’appelle à cette vocation, vas-y, fais de la politique ! Cela te fera souffrir, cela te fera peut-être pécher, mais le Seigneur est avec toi. Demande pardon et va de l’avant ! Mais ne permettons pas que cette culture du rebut nous rejette tous !, Elle rejette aussi la création, parce que tous les jours la création est un peu plus détruite. N’oubliez pas cette parole du bienheureux Paul VI : la politique est l’une des formes les plus élevées de la charité,

Discours à la Communauté de vie Chrétienne d’Italie, le 30 avril 2015