Historique de la Maladrerie à Nontron
Historique de la Maladrerie (Nontron)
Au Moyen âge, les abbés de Charroux avaient fondé la léproserie de Nontron. Maladrie ou Malatie aujourd’hui Maladrerie. Elle était située sur le chemin de Nontron à Piégut, son cimetière se trouvait au carrefour de la route d’Augignac à 100 mètres d’un étang, un peu après les bâtiments des lépreux et de la chapelle mise sous l’invocation de Sainte Madeleine en 1488 dont il est question dans l’acte Louis Guibert.
Dans le Bulletin de la Société Archéologique et Historique du Limousin de1905 : « Les lépreux et les léproseries de Limoges », la mention de cette chapelle figure dans de nombreux actes d’inhumation. Elle a été détruite en 1744 eu égard à son mauvais état et à son inutilité, la lèpre ayant quasiment disparu. Les lépreux n’eurent pas le droit de quitter ce lieu jusqu’au XVIIIième siècle, le prévôt de Nontron Jean Vieillemard fit même construire un portail sur le chemin vers Nontron, après le faubourg des Oliers en 1413 au lieu-dit Portail Vieillemard à 1 Km de Nontron.
Plus au nord et à la suite du faubourg des Oliers existait un grand chemin allant au portail Vieillemard (pour mieux vous situer le portail était fixé juste à côté des Etablissements Cibert). Ce portail servait de limite aux lépreux et il doit son nom au dignitaire de Nontron qui l’y fit construire. De ce point il se dirigeait, en se bifurquant : 1°) sur Augignac et de là sur Piégut, Pluviers et Champniers jusqu’à Saint Mathieu en Limousin ; 2°) sur la route de la Maladrerie, le Bourdeix, Etouars et Soudat pour aboutir à Montbron en Angoumois d’après les cartes du XVIIème siècle.
Les lépreux se mariaient entre eux ou avec des lépreux venant des léproseries voisines, ils étaient propriétaires de leurs biens et vivaient apparemment assez bien (leur maladie était incurable à l’époque). Le blé vendu au minage de Nontron leur rapportait un poilon par boisseaux, cette coutume était appelée droit de poilonage.
En 1730, Lagrange-Chancel visite la Maladrerie ou léproserie de Nontron sur les ordres du Grand Maître de Saint Lazare. Il y a encore 10 familles de lépreux qui subsistent sur ces lieux occupés depuis 100 ans. Ce n’est que très lentement, vers la fin du XVIIIème siècle qu’ils ont commencé à se fondre dans la population « saine ». D’après un rapport de la SHAP, les maisons de la Maladrerie abritaient des souterrains voûtés, intéressant quand on sait qu’en mai 1888, le sieur Bernard, fermier du sieur Dornès a trouvé dans son champ un vase provenant de la démolition d’un mur de la Maladrerie contenant des pièces du temps de Louis XII, Charles IX et François 1er
Jean Bonnefond
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