A l’écoute du Pape François

« Jésus est réellement le commencement du temps de la miséricorde pour toute l’humanité ! »

 

Les quatre Évangiles attestent du fait que Jésus, avant d’entreprendre son ministère, voulut recevoir le baptême de Jean-Baptiste (Mt 3, 13-17 ; Mc 1, 9-11; Lc 3, 21-22 ; Jn 1, 29-34). Cet événement donne une orientation décisive à toute la mission du Christ. En effet, Il ne s’est pas présenté au monde dans la splendeur du temple: il pouvait le faire. Il ne s’est pas fait annoncer en fanfare: il pouvait le faire. Et il n’est pas non plus venu dans les habits d’un juge : il pouvait le faire. Au contraire, après trente ans de vie cachée à Nazareth, Jésus s’est rendu au fleuve du Jourdain, avec de nombreuses personnes de son peuple et s’est mis dans la queue avec les pécheurs. Il n’a pas eu honte : il était là avec tout le monde, avec les pécheurs, pour se faire baptiser. Ainsi, depuis le début de son ministère, Il s’est manifesté comme le Messie qui prend en charge la condition humaine, mû par la solidarité et la compassion. Comme il l’affirme lui-même dans la synagogue de Nazareth en se présentant par la prophétie d’Isaïe : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur » (Lc 4, 18-19). Tout ce que Jésus a accompli après le baptême a été la réalisation du programme initial : apporter à tous l’amour de Dieu qui sauve. Jésus n’a pas apporté la haine, il n’a pas apporté l’inimitié: il nous a apporté l’amour ! Un grand amour, un cœur ouvert pour tous, pour nous tous ! Un amour qui sauve !

Il s’est fait le prochain des derniers, en leur communiquant la miséricorde de Dieu qui est pardon, joie et vie nouvelle. Jésus, le Fils envoyé par le Père, est réellement le début du temps de la miséricorde pour toute l’humanité ! Ceux qui étaient présents sur la rive du Jourdain ne comprirent pas tout de suite la portée du geste de Jésus. Jean-Baptiste lui-même s’étonna de sa décision (cf. Mt 3, 14). Mais le Père céleste, non ! Il fit entendre sa voix d’en haut : « Tu es mon Fils bien-aimé, tu as toute ma faveur » (Mc 1, 11). De cette façon, le Père confirme la voie que le Fils a entreprise en tant que Messie, tandis que descend sur lui comme une colombe l’Esprit Saint. Aussi, le cœur de Jésus bat, pour ainsi dire, à l’unisson avec le cœur du Père et de l’Esprit, montrant à tous les hommes que le salut est le fruit de la miséricorde de Dieu.

Nous pouvons contempler encore plus clairement le grand mystère de cet amour en tournant notre regard vers Jésus crucifié. Alors qu’il s’apprête à mourir innocent pour nous pécheurs, Il supplie le Père : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34). C’est sur la croix que Jésus présente à la miséricorde du Père le péché du monde : le péché de tous, mes péchés, tes péchés, vos péchés. Et là, sur la croix, Il les présente au Père. Et avec le péché du monde, tous nos péchés sont effacés. Rien ni personne ne demeure exclu de cette prière sacrificielle de Jésus.

                                                                                                                         Rome, 6 avril 2016 : Catéchèse du pape François