L’Esprit saint au cœur de l’action liturgique
L’Esprit saint au cœur de l’action liturgique
La célébration liturgique est le lieu par excellence où l’Esprit Saint se donne. En effet aucune prière, si elle est chrétienne, ne peut exister sans l’action de l’Esprit Saint. Ce n’est pas pour rien que toutes les conclusions des oraisons, les doxologies, les professions de foi se terminent par l’adresse trinitaire et affirment cette action en son cœur même : « Par Jésus Christ, ton fils Notre Seigneur qui vit avec Toi dans » l’UNITE DU SAINT ESPRIT », aujourd’hui, demain et pour les siècles des siècles. Sans compter bien sûr les prières qui lui sont adressées directement. Certes ces dernières sont plus fréquentes dans l’Orient liturgique, mais il est des hymnes qui ont traversé les siècles en Occident : ainsi, Veni Creator Spiritus ou encore, Veni Sancte Spiritus.
Tout cela pour dire que toute la liturgie tire sa vitalité de la présence et de l’action de l’Esprit Saint. Nous retrouvons sa forme la plus fréquente dans ce que nous avons l’habitude d’appeler «épiclèse»,du grec «epi-kaleo», « appeler sur ». Evidemment l’exemple le plus significatif se trouve dans l’épiclèse eucharistique, remise en valeur par la Réforme liturgique du Concile Vatican II, sous la double forme d’épiclèse sur les offrandes « Envoie ton Esprit sur ces dons » et d’épiclèse sur l’assemblée : « Envoie ton Esprit sut ton peuple rassemblé ».
Mais les expressions (qui concernent l’Esprit Saint), restent nombreuses, signifiées par des verbes : «répandre, verser, envoyer, sanctifier, consacrer, remplir, fortifier, allumer…. » verbes qui indiquent soit son action immédiate, soit sa présence. Cette présence se trouve fortifiée par des substantifs comme « don, amour, effusion, flamme, feu, chaleur, conseil, force, joie, illumination, doigt de Dieu, onction, intelligence, science… »
Toutes ces expressions verbales ou nominatives peuvent nous faire saisir la réalité liturgique comme une action du « Paraclet » destinée à en faire, dans la vie de l’Eglise, les signes privilégiés de la présence du Christ Pascal et le fondement même de l’agir des membres du peuple de Dieu.
Reste à savoir par quels signes, le plus souvent, cette action est manifestée : il s’agit de gestes comme l’imposition des mains, l’élévation des mains, le souffle, la prostration du corps, la position debout les bras élevés….Tous ces gestes prennent racine dans des références bibliques où des prêtres, des prophètes utilisent eux-mêmes ces signes.
Il faudrait y ajouter les objets qui veulent manifester la présence et l’action de l’Esprit Saint. Ainsi les huiles, celles des catéchumènes, de l’onction des malades, le saint chrême. Ainsi les parfums (le baume mêlé d’huile d’olive, l’encens qui rappelle la bonne odeur du Christ). Ainsi le sel (moins utilisé aujourd’hui, signe de la sagesse), l’anneau pour la vierge consacrée, les époux et l’évêque, la couronne pour les époux dans la liturgie Byzantine, le voile pour les vierges.
On ne saurait oublier enfin l’importance du silence qui est comme une suspension de tout geste, de toute parole, de tout objet. Il n’est pas un arrêt de la célébration mais plutôt une entrée, voire une contemplation dans cette dernière. Il est là pour révéler l’Esprit Saint, sa présence et son action. Il trouve sa réalisation dans les grands moments célébratifs : ainsi par exemple dans l’invitation à prier et l’oraison proprement dite. On peut ainsi comprendre l’importance de la place de l’Esprit Saint dans l’action liturgique. Il est Celui qui rend la Parole de Dieu vivante et efficace, il est Celui qui crée le Peuple de Dieu rassemblé, il est Celui grâce à qui la parole humaine (et l’homme n’a qu’elle pour s’exprimer) peut devenir Dieu qui nous parle. Il est l’assurance, dans l’acte sacramentel, que ce qui est dit se réalise effectivement. Il est Celui qui est présent avant la célébration, pendant mais aussi après. Cette action liturgique fait découvrir que tout geste peut devenir une proclamation de la proximité de Dieu, toute parole une annonce de sa venue, toute célébration un événement du Salut en Jésus Christ, toute personne un réceptacle de la présence active.
En Dieu, l’Esprit ne peut être compris qu’en référence au Père et Fils dont il rend possible la communion. L’expérience de la relation père-fils est fondamentale. Elle permet d’approcher Dieu Père et Fils. En Dieu, le Fils a pris visage humain. Le Père révèle le Fils : «Celui-ci est mon Fils bien aimé ».Le Fils révèle le Père « Qui me voit ,voit le Père ». Mais l’Esprit ? Il n’a pas de visage. Il échappe à toutes prises et pourtant il se révèle. C’est lui qui répand l’amour dans le cœur des croyants et qui vient y habiter.
Ces trois derniers éditoriaux nous ont permis de mieux comprendre le rôle de l’Esprit Saint. En ce début de vacances scolaires et de congés pour certains, peut-être est-ce le temps de se ressourcer à la lumière de l’Esprit Saint.
Abbé René MATHIEU (d’après les fiches dominicales)
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