« AVONS NOUS BESOIN DE JESUS POUR ETRE HEUREUX, POUR TROUVER DIEU ?

 

          Le Père Maur TRAORE, qui fut prêtre pendant 5 ans dans la paroisse, tente de donner une réponse.

          Dans notre monde difficile, il me semble important de vous faire part de sa réflexion tirée de son livre Missionnaire Africain en France.

          A cette question, il faudrait reconnaître que beaucoup vivent plus humainement et spirituellement sans encore connaître qui a été Jésus de Nazareth. Cependant, ces personnes, sans le savoir, vivent des vertus qui ont été celles de Jésus, telles la compassion, la charité, la fraternité, la liberté, la justice etc. La solidarité avec les plus démunis, la mobilisation auprès des victimes de catastrophes naturelles, la compassion avec d’autres dans des épreuves du moment sont autant de gestes qui prouvent que le processus d ‘humanisation et de fraternisation n’est pas stoppé. Au cours des premiers mois en France, mon regard s’est porté sur la culture et la société. Je suis admiratif devant des actes de solidarité mis en place par de nombreuses associations humanitaires et caritatives. Ces initiatives engagées vont dans le sens d’une société en processus d’humanisation, labeur que nul, aucun peuple, aucune société n’a jamais fini de mener à terme. Il s’agit, à mon avis, d’accompagner des germes de vie en l’homme dans la culture et dans la société. Ce souci pour autrui a été l’orientation pastorale de Jésus dans ses rencontres.

          Epris de compassion devant les fragilités, les misères humaines, Jésus fait du nouveau à partir du peu dont il dispose. Les Evangiles sont pleins d’échos de ces actes de compassion et de miséricorde de Jésus. C’est le cas de ce centurion romain qui sollicite son secours en faveur de son « serviteur couché à la maison, paralysé et qui souffre terriblement « . Paradoxalement Jésus porté à l’émerveillement devant cet homme, discerne en lui « une telle foi, qu’il n’a jamais trouvée chez personne en Israël. » Cela vaut l’interpellation suivante de Jésus :  » Beaucoup viendront de l’Orient et de l’Occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des cieux. » (Cf. Mt 8,5 et sv). C’est le cas de cette foule errante et affamée, devant laquelle les apôtres se demandent « où trouver dans un désert assez de pain pour rassasier une telle foule ?  » En réponse à la préoccupation des apôtres, Jésus fait du nouveau avec le peu dont les apôtres disposent : 7 pains et quelques petits poissons. » (Cf. Mt 15,29-37).

          Ces cas, parmi d’autres dans les évangiles sont à mon sens, des interpellations à faire une théologie des espaces publics et des rues où le missionnaire où tout simplement le chrétien peut admirer, s’émerveiller et exulter à la suite de Jésus devant ce que le « Père révèle aux tout-petits » et pourtant « cache aux sages et aux savants » (Cf. Lc 10,21 sv).

          Qui sont aujourd’hui ces tout petits, ces sages et savants de nos sociétés ou de nos Eglises ? Nous pouvons affirmer que faire la volonté du Père s’est rejoindre tous ses hommes et ses femmes de ce monde que nous rencontrons chaque jour.

Maur TRAORE