CATECHESE SUR LES SACREMENTS : SACREMENT DE L’EUCHARISTIE « MON CORPS LIVRE MON SANG VERSE POUR VOUS »

Le sacrement de l’Eucharistie est le sommet de l’initiation chrétienne et de la vie sacramentelle. Il nous fait entrer en communion avec le Christ offrant sa vie pour nous et nous entraînant dans sa résurrection. L’existence même de l’Eglise est liée à l’Eucharistie. L’Eglise fait l’Eucharistie en la célébrant, mais l’Eucharistie fait aussi l’Eglise comme Corps vivant du Christ, nourrie du don de sa vie.

L’Eucharistie est l’actualisation du sacrifice de la croix, réalisé « une fois pour toutes » et chaque fois rendu présent à nos vies. Dans l’Eucharistie est rendu visible le sacerdoce actuel du Christ qui s’offre à lui-même, la communauté des fidèles unissant l’offrande de sa propre vie à l’offrande que le Christ fait de lui-même, par le ministère du prêtre qui prend sacramentellement la place du Christ.

L’Eucharistie, comme le sacrifice de la croix dont elle est la réactualisation, est l’accomplissement de la pâque juive, du « passage » de la terre d’esclavage à la liberté. Le signe de la première alliance devient réalité spirituelle et passage de la mort à la vie. L’Evangile selon saint Jean montre que le Christ est mort en croix à l’heure où Israël sacrifiait l’agneau pascal (Jn19,31).

L’Eucharistie vient du verbe grec « rendre grâce ». Dans la célébration de l’Eucharistie, c’est toute l’œuvre du Salut qui est évoquée, puisqu’elle culmine dans la Pâque du Christ. On l’appelle encore le repas du Seigneur, la Sainte Cène, dernier repas au cours duquel le Seigneur a institué l’Eucharistie, par les paroles « ceci est mon corps », « ceci est mon sang » et « faites cela en mémoire de moi ». Les récits de l’institution nous sont transmis par les Evangiles (Mt 26,26-29 ; Mc14,22- 25 ; Lc22,14-10) et saint Paul (1Col 11,23-26). Le discours de Jésus sur le pain de vie prépare les disciples à l’Eucharistie (Jn6,22-59).

En célébrant l’Eucharistie, l’Eglise n’évoque pas un souvenir du passé. Elle proclame que le pain et le vin sont vraiment changés dans le Corps et le Sang du Christ. Ce changement est appelé transsubstantiation car les apparences du pain et du vin demeurent, mais leur réalité subsistante est convertie au Corps et Sang du Christ, par la puissance de l’Esprit Saint invoqué par l’épiclèse. Le réalisme de la foi nous permet d’affirmer la présence réelle du Christ sous les apparences du pain et du vin. Cette présence est réelle et non symbolique.

L’Eucharistie a été instituée par le Christ au cours du dernier repas pris avec les Douze, le jeudi saint. Jésus y anticipe le sacrifice de sa vie : «Voici mon corps livré , mon sang versé. » En même temps il confie à ses Apôtres seuls la mission de réitérer les paroles de la Sainte Cène, instituant ainsi le sacerdoce de la Nouvelle Alliance.

Tous les fidèles participent activement au sacrifice eucharistique : tous ceux qui sont présents, en unissant l’offrande de leur vie à celle du Christ, et le prêtre en agissant en la personne du Christ, tête de son Eglise. L’Eucharistie est le signe de l’unité et de la communion. On ne peut y communier que si l’on est réconcilié avec le Seigneur et avec ses frères.

Voici ce que dit l’Introduction générale au Missel romain de 2002 Texte prit dans le document catéchétique « Il est le Chemin, la Vérité, la Vie » diocèse de Dijon

Abbé René MATHIEU