En choisissant douze disciples, le Christ Jésus a fondé son Eglise. Elle est guidée par l’Esprit Saint. A Pentecôte c’est l’Esprit qui vient sur les douze disciples et en fait les témoins que nous connaissons parcourant le bassin méditerranéen. Saint Paul les rejoindra après sa conversion. C’est le début de la croissance de l’Eglise qui, au cours des années va se structurer. Dans son histoire l’Eglise fut animée par l’Esprit Saint qui lui a permis de s’ouvrir sur le monde. Cette histoire nous montre aussi qu’elle a été traversée par des périodes sombres même si des Saints se sont levés pour rappeler qu’Elle doit toujours être à l’écoute de l’Esprit Saint.
L’Esprit Saint ouvre des chemins nouveaux en particulier : fallait-il circoncire les premiers chrétiens venant du paganisme ? Les apôtres guidés par l’Esprit ont donné une réponse allant dans le sens du respect de leurs origines.(cf Ac 15.5-11).Par ce récit nous voyons que l’ Esprit Saint a une action libératrice. L’Esprit Saint nous devance dans la Galilée des Nations (cf Mc 16.7). Là encore nous sommes invités à rechercher l’action de l’Esprit en dehors de nos horizons. Il n’est pas enfermé dans une institution. C’est Lui qui nous rappelle que nous devons avoir un regard d’amour et de compassion sur le monde. Comme je l’exprimais dans l’éditorial du mois de juin nous devons respecter l’autonomie entre l’engagement du croyant et la société.

Reconnaître l’action de l’Esprit dans le monde nous permet de sortir de nos enfermements et de nos peurs. Nous pouvons dire que dans tout ce qui est beau dans la société révèle ce que Dieu attend de nous. Si, l’Eglise est signe du Salut du Christ pour le monde Elle en est le Sacrement. Nous pouvons reconnaître dans le monde, à travers l’action de Dieu, un lien fort de témoignage. C’est pour cela qu’avant de condamner le monde nous avons à l’offrir à Dieu.

Il faut prendre conscience que nous avons besoin les uns des autres, que nous avons une responsabilité vis à vis des autres et du monde…Dans ce cadre il faut revaloriser l’amour dans la vie sociale au niveau politique, économique et culturel. L’amour de la société et l’engagement pour le bien commun sont une forme excellente de charité. C’est pourquoi l’Eglise a proposé au monde l’idéal d’une civilisation de l’amour. L’amour social est la clef d’un développement authentique (cf les numéros 229 et 231 de la lettre encyclique du Pape François « louez sois tu ! »).

Offrir le monde et notre société à Dieu c’est répondre et reconnaître l’invitation du Pape comme un acte missionnaire. S’il est important d’être témoin de ce que nous avons reçu de l’amour de Dieu nous ne pouvons pas simplement le mettre en avant sans reconnaître tout ce que nous pouvons recevoir de notre société ,quand les êtres humains œuvrent pour le bien commun.

En relisant mes trois éditos vous pouvez vous dire quel est la nouveauté exprimée ? Je n’ai pas la prétention de vous la livrer mais nous sommes appelés à accepter de recevoir du monde plutôt que de seulement transmettre au monde.

C’est un défi pour notre Eglise aujourd’hui et pour les années à venir.

Abbé René MATHIEU